bronzez philo

15 mars 2012

Moralisme ou éthique?

Moralisme de la contrainte ou éthique des passions généreuses ? Le match du siècle.

 

 

La contamination des passions, enjeu décisif d’une démocratie réinventée.

 

 

Moralisme et violence

 

 

On se propose ici de parler du moralisme et de la violence qu’il produit. Violence feutrée ou explicite. Celle de l’arrogance ou celle de la guerre. On se propose de montrer aussi que c’est le moralisme qui est au coeur autant du libéralisme et des social-démocraties que des états autoritaires.

C’est trois fois le même moteur mais qui tourne à des régimes différents.

Mais, à l’opposé, on se propose de montrer également la manière dont l’éthique envisagée

comme contagion spontanée des passions heureuses représente un autre versant de la réalité des humains et qu’ainsi le monde n’est pas perdu. Car une chose est sûre, c’est qu’il ne s’agit pas de faire la chasse au moralisme pour, à la place, vanter les mérites d’on ne sait quelle éthique moralisante.

Si les idéaux de la liberté sont au fond toujours passés à côté c’est à cause de ça, que le bonheur devrait être conquis par la mise en oeuvre quotidienne et appliquée d’une petite morale du devoir, même si on la baptise dans l’eau fraîche de la vertu et du respect. Ou alors, confondant éthique et moralisme, de penser que l’une autant que l’autre entravaient la génération supposée spontanée du désir et mettaient de la gène dans le plaisir.

S’il n’y a de morale que du devoir, celui de se forcer parce qu’on vous force, il n’y a d’éthique que de ce qui se joue dans la rencontre d’élans heureux qui vous portent. Il n’y a donc de plaisir que dans cette communication nécessairement généreuse des passions qui est l’éthique même.

 

En effet, est-ce le déchainement d’une immoralité débridée ou celui d’un cynisme jouisseur qui sont à la source de ce qui ravage laTerre et de ce qui la plonge dans un délire apparent de désordre et d’incohérence ? Non, paradoxalement, c’est la cruelle exigence d’ordre et la cohérence poussée jusqu’à la folie qui sont propres au moralisme. La violence, la guerre et les crises sont filles de «  la bonne éducation » et de la discipline. « Choc des civilisations », dit-on, comme si les deux extrêmités du même monothéisme pareillement défiguré s’opposaient d’être l’une  le contraire de l’autre. Elles se haïssent d’être semblables et d’engendrer un pareil moralisme qui assujettit et lamine tout.

Quant au cynisme, il est autant la face cachée que l’effet du moralisme et il est la manière chic et distanciée d’en être le zélé serviteur.

 

Le moralisme et les idéologies moralisatrices mènent notre civilisation.

 

 

Certes, le présent système économique mondialisé asservit tout. C’est lui qui assujettit les humains, massacre la planète, intoxique les écosystèmes et noie l’information dans les océans doucereux du fantasme et du mensonge. Car il apprécie d’endormir ses victimes pendant qu’il les sacrifie.

Mais cette effrayante machinerie n’est pas la cause ultime du laminage universel auquel nous assistons. La cause ultime c’est bel et bien le moralisme car c’est bien l’incarnation économique du moralisme que représente la grande marchandisation dont il est le carburant.

 

Mais, qu’est-ce donc que le moralisme ?

 

 

Le moralisme n’est pas un trait de caractère qui reviendrait à se montrer un peu rigide dans ses comportements. Le moralisme est ce mode de relation qui consiste pour un état, un groupe, un clan, une communauté, une entreprise, une famille ou un individu à exercer une domination individuelle ou collective sur des humains - enfants, élèves, étudiants, salariés, électeurs, citoyens, consommateurs ou spectateurs – en leur présentant l’existence - valeurs et actions - comme un ensemble de contraintes auxquelles ils ont l’ obligation de se plier. En ce sens, l’exigence fondamentale dumoralisme est que, sous sa pression autoritaire, chacun se montre capable d’assumer de soi-même ces contraintes en manifestant sons sens de la responsabilité et en prouvant son mérite. Et si le moralisme, universellement répandu, ne cesse de triompher, c’est de développer la fierté de ceux qu’il assujettit en leur laissant croire, alors qu’ils ne sont mus que par la peur de ceux qui les contraignent, que c’est à eux que cette responsabilité et ce mérite reviennent. Le moralisme, et là résident la subtilité de sa perversion et le secret de son efficacité, fabriquant des humains abusés mais fiers, fait donc dans l’ensemble assez peu de révoltés.

 

Le moralisme est plein à craquer de toutes les intensités de la violence et de la guerre.

 

 

Cela dit, outre qu’il ne présente pas la vie comme une partie de plaisir puisqu’il s’applique à en gâcher le goût et qu’il n’incite à l’action que par la crainte qu’il produit, le moralisme, en postulant qu’il incombe à tout individu de se révèler suffisamment fort pour fournir la preuve de sa propre responsabilité et de son autonomie, nie le caractère constitutivement relationnel de l’être humain. Autrement dit, en niant du même coup le fait que, par nature, l’être humain est existentiellement dépendant, le moralisme ne professe pas seulement une contre-vérité mais représente le déni même de l’éthique. Car il révèle au fond par là qu’il consiste à tenir pour responsables de ce qu’ils sont et de ce qu’ils font ceux dont, précisément, on a la responsabilité. Dans ces conditions, le moralisme, qui agit avec violence et d’une violence, fût-elle implicite, aussi dévalorisante qu’elle est frustrante, sème chez ses innombrables victimes un goût aussi précoce pour la vengeance que pour la soumission. C’est ainsi que le moralisme fait naître chez le dominé le désir du pouvoir pour pouvoir à son tour dominer ou bien le désir de se donner  de l’importance en se consolant dans la consommation fébrile d’objets et, si possible, en suscitant la jalousie. Ainsi, l’énorme dose de rancoeur et d’assujettissement que le moralisme contraint à avaler se voit subtilement compensée par la jouissance sans cesse renouvellée des intensités de la violence qui constitue son imparable conséquence. Et c’est l’intensité de cette violence qui, en en faisant la véritable séduction, fait du moralisme la véritable aliénation. Car elle passe volontiers pour l’intensité maximale de la jouissance de vivre, par conséquent comme le régime maximal de la vérité de la vie. Qui ne voit que l’orchestration médiatique de cette violence est la promotion incessante del’esthétique rutilante et pommadée désormais universelle du moralisme ? Pour autant, les humains sont-ils condamnés à se dresser contre le moralisme et la violence en se forçant, en prenant sur eux-mêmes et, qui plus est, en cherchant à s’appuyer sur la « morale » ?

 

L’éthique, contagion des passions heureuses, elle, est bourrée à craquer des intensités de la paix.

 

 

Eh bien non ! Car entre humains existe aussi l’éthique en face de laquelle le moralisme ne tient pas. L’éthique, c’est juste le contraire du moralisme. L’éthique c’est spontanément, sans forcer, mu par des passions heureuses dont on a été soi-même contaminé, apporter le monde à ceux dont on a la charge comme une gourmandise sur un plateau. L’intensité grisante n’est donc pas un régime d’existence qui serait réservé à celui qui se venge et asservit.

 

L’éthique, envisagée comme la contamination immédiate et heureuse des passions, montre que la paix qu’elle est à même d’instaurer peut vivre de l’ardeur infinie de la vraie révolution se révélant comme la tentation de la bonté.

 

Nous voulons réinventer la démocratie parce que nous voulons établir enfin la justice. Or, la justice, avant même de se préoccuper de distribuer de manière équitable ce qui matériellement doit revenir à chacun, ne consiste-t-elle pas pour un Etat à se donner les moyens de garantir à tout citoyen de devenir dépositaire de passions bienveillantes dont il éprouvera nécessairement le bonheur de les partager ? La justice serait que quiconque puisse bénéficier de ces intensités là. Autrement dit, hors de toute exhortation moralisante, vouloir redéfinir une politique dont la substance fondamentale soit réellement démocratique, c’est permettre que l’école, l’économie, la santé et la justice deviennent les lieux où d’innombrables intensités se développent et s’ouvrent au partage. Cette politique sera écologique parce que dès lors que des humains ont propension à s’ouvrir aux autres humains ils manifestent nécessairement les prévenances les plus amicales envers

la Nature

et que changer les rapports de l’homme à la nature revient à laisser s’ instaurer des rapports nouveaux entre les humains.

 

 

Démarrer cette politique peut se faire rapidement. Les passionnés sont déjà là, leur nombre est immense et, s’il y a une chose dont on est sûr, c’est qu’ils s’impatientent.

 

On s’apprête à tenir ici  deux rubriques,

l’une, le  «Moralisme à froid»

l’autre, le«Moralisme à chaud»

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Cela fera cinq domaines à examiner,

 

L’éducation, l’entreprise, la santé, la justice, la culture et les médias

 

 

La perspective générale sera d’analyser cette permanente promotion du niais comme acteur économique et comme citoyen majeurs qui est une des caractéristiques de notre société dite « postmoderne ».

A très bientôt .

Posté par nchevallier à 17:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 mai 2010

Vacances philo

En Grèce, visitez aussi la philosophie

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Cet été vous partez pour la Grèce.

Une semaine ou deux, ou trois, ou quatre. Pour la première ou la centième fois. Entre juin et fin octobre. Vous y allez pour vous balader un peu, vous détendre. Pas nécessairement pour faire le tour du pays en quinze jours comme un touriste forcené. Plutôt au contraire pour vous poser. Ce que vous voulez avant tout, c’est une grande respiration pour rêvasser en vous plongeant dans la plus belle lumière du monde.

C’est pourquoi je vous suggère quelque chose qui est en phase avec ce farniente contemplatif et intense auquel vous vous préparez.

Pendant une semaine, je vous propose de faire de la philosophie.

Une initiation, éventuellement, et un approfondissement. C’est le moment et l’endroit parfaits pour ça.

Déroulement de ce stage de philosophie

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Le stage a lieu soit sur l’île d’Hydra, située dans le golfe saronique, à une heure du Pirée, soit à Paros. Depuis Hydra, il est facile de se rendre à Athènes, où sur les autres îles du golfe, Egine, où dit-on naquit Platon, Poros et Spetses. Paros, île des Cyclades, est plus loin évidemment, mais c'est aussi tellement beau.

Puisque je n’organise pas les voyages, je me propose de vous retrouver à Hydra ou à Paros dès lors que vous y êtes arrivés.

La durée du stage est de sept jours – du lundi au dimanche suivant inclus – de 10h à 13h, sur une terrasse, à l’ombre des bougainvilliers.

En 2010, cette année, le premier stage peut commencer le lundi 12 juillet et le dernier, le lundi 13 septembre.

Le nombre maximum de participants est une dizaine de personnes par groupe.

Le coût est de 250 euros pour chacun.

Programme

Bien qu’il soit indispensable d’essayer de comprendre les conditions dans lesquelles la philosophie est née en Grèce, il ne s’agira pas pour nous de faire une histoire de la philosophie ou un inventaire des philosophes célèbres. Néanmoins pas de philosophie sans philosophes nés dans telle société et à tel moment de l’Histoire.

Mieux vaut donc commencer par le commencement en étudiant parmi les philosophes ceux qui ont créé la philosophie et certains autres qui sont arrivés après.

En même temps, il est aussi intéressant de se donner un fil conducteur et un ressort dramatique, de mettre du « suspens » dans notre étude en cherchant à répondre à une question. Ce sera celle-ci :

« Les humains sont-ils faits pour la guerre ou pour la paix ? »

Ce questionnement est éminemment politique. Mais, précisément, ce qui a surgi en Grèce sous le nom de philosophie est intimement lié à la naissance de la démocratie et aux différentes tentatives de l’instaurer durablement. La philosophie, par conséquent, a directement à voir avec la politique.

C’est dire aussi qu’elle ne sert pas à rien,  comme le clame avec soulagement les ignorants que secrètement elle dérange. Au contraire, si, par exemple, réfléchir à la guerre et à la paix est l’une de ses vocations c’est parce que ses racines plongent au coeur de notre existence individuelle et collective.

Est-il inutile de chercher à savoir dans quelles conditions  la paix que nous vivons, nous, habitants de l’Europe, est ou n’est pas un fragile îlot sur l’océan des violences qui l’entourent et qui le menacent ?

Par conséquent, questionner peut nous aider. Car questionner revient à contester et, selon l’exigence démocratique, à se mettre en mesure de passer d’assujetti qui subit  à sujet qui décide et qui agit.

Déroulement

Journées 1 et 2

Thème : L’invention de la raison. Ce qu’on appelle « philosophie », ça a commencé quand et comment ?

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Idées clés :

aux environs duVIème siècle avant J.C, quelques esprits prennent leur distances avec les grands récits mythiques. Comme si les dieux, pour eux,commençaient à déserter le ciel et qu’il s’agissait désormais de se mettre à expliquer les choses seulement par leurs propres ressorts. Les choses, c’est à dire le ciel, les astres, les phénomènes naturels comme les nuages, l’orage, les vents...« Comment ça marche, si ça marche tout seul ? », voilà la question à laquelle ils tentent de répondre.

Et peu à peu la question s’étend. Elle élargit son champ à l’existence des hommes eux-mêmes et à la manière dont ils peuvent s’établir  en société en faisant leurs propres lois. On s’interroge donc, selon la même logique, sur les régimes politiques et on s’essaye à la démocratie, gouvernement de tous par tous.

Ainsi, on ne s’appuie plus seulement sur la tradition comme si les choses allaient de soi et qu’il fallait prendre pour argent comptant tout ce qui était transmis. Il n’y a plus ni évidence, ni certitude toute faite.Un certain nombre entendent maintenant se déprendre, réfléchir et ne plus compter que sur eux-mêmes pour comprendre l’univers, les humains et la vie. « Dès lors que le sol se dérobe, c’est en toi que tu chercheras ton point d’appui. »

Voilà ce que dit le philosophe. Ce point d’appui s’appelle la raison. Et raisonner c’est vouloir prouver le bien-fondé de ce qu’on pense être vrai.

Nos philosophes, ici, seront Thalès, Héraclite et Parménide.

Journées 3 et 4

Thème : L’exercice de la raison. A la recherche d’un sol ferme et, en fait, introuvable

Idées clés :

mais trouver un point d’appui, est-ce possible ? Car, finalement, est-ce  que tout ça n’est pas sans cesse en mouvement ou en métamorphose ?

Ce temps qui passe comme l’eau du fleuve, autant que le flux interne de notre propre pensée, rapide comme un rap et si difficile à retenir ? Et puis, autre question, de quoi parle-t-on quand on parle pour savoir ? Un tel projet est-il tenable ? Les   mots dans le discours philosophique sont-ils capables de saisir ce qu’est le  monde? Quelle connivence intime avons-nous avec l’être des choses ?

D’autant qu’au fur et à mesure, depuis qu’on a commencé à poser ces questions,la démocratie précaire et instable instaurée à Athènes va s’avérer un échec.

Qu’en est-il alors du Bien, du Mal et de la Justice. La vertu est-elle convaincante ? Que penser de la guerre et de la paix ? 

Les grands héros de cette plongée dans la pensée humaine, comme chacun le sait, sont Socrate, Platon et Aristote. Nous leur donnerons donc abondamment la parole.Ensuite, progressant par petits bonds dans le temps, nous arriverons à l’Après-J.C. Nous analyserons la manière dont la recherche philosophique qui les suit s’empare de la pensée de ces Grecs pour la confronter aux convictions religieuses d’un monothéisme désormais omniprésent et omnipotent. Son atmosphère solennelle règne sur la vie politique autant que sur le paysage intérieur de chacun. Dieu devient donc le référentiel absolu par rapport auquel il convient pour les philosophes de situer leur pensée. Et l’enjeu est de savoir si la raison philosophique est compatible avec lui puisque, ne pouvant pas démontrer son existence, il s’agit de croire en lui en faisant acte de foi ou de ne pas croire.

Mais ce jeu intellectuel n’est pas gratuit ou abstrait, le penseur s’y mesure nécessairement au pouvoir en place, toujours pointilleux et méfiant. Penser est dangereux et difficile. Il convient à la fois d’expliquer le monde, de sauver son âme et de veiller à préserver sa liberté.

Cependant, la raison, ouverture sur Dieu, semble rendre accessible et justifier la morale et la paix.

Durant ces quatre journées nos auteurs de référence seront Saint Augustin puis Saint Thomas d’Aquin, Pascal, et enfin Spinoza, Descartes et Kant.

Journées 5 et 6

Thème : Le bouillonnement de l’Histoire frappe à la porte des nations et son souffle secoue la philosophie.

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Vite ! Plonger dans la vie des peuples, dans les révolutions et la liberté ! L’interprétation de l’Histoire par la philosophie est l’aboutissement glorieux de la recherche de la vérité, sa révélation.

Mais, presqu’en même temps, fuyant les tumultes de la masse, un discours solitaire proclame la supériorité de la création artistique sur toute recherche de la vérité et sur toute révolution.

Idées clés :

La philosophie cesse d’être une pure recherche de la vérité contemplée sur fond d’éternité. Les peuples font des révolutions, l’Histoire est orientée, elle a un sens que le philosophe se doit d’interpréter en faisant le récit des conflits qui, les uns à la suite des autres, en déterminent la signification. En fin de compte, la philosophie se pose comme la science de l’Histoire et de ses mécanismes. Mais deux scénarios sont possibles.

L’un montre que l’Histoire est la réalisation par l’homme du savoir complet,moyennant quoi, par le seul moyen de ses concepts, le philosophe est en prise directe sur l’être et ses aventures. La philosophie est la science idéale du Tout parvenant, à travers l’homme, à la connaissance parfaite de soi-même et à l’instauration de l’Etat instituant et régissant de manière absolue la vie individuelle et collective.

Philosopher, ici, c’est écrire le roman tragique de l’Histoire.

Pour la seconde interprétation  la finalité de l’Histoire ne consiste pas vraiment à aboutir au Graal de la connaissance absolue. L’Histoire est mue et déterminée par les mécanismes économiques qui divisent l’humanité en deux groupes : les exploiteurs et les exploités qui s’affrontent dans une lutte dans laquelle les seconds entendent conquérir leur émancipation pour vivre dans une société sans aliénation.

Et, soit dit en passant, autant pour l’une que pour l’autre de ces deux versions la violence des révolutions et les guerres sur lesquelles débouchent les conflits, apparaissent aussi inéluctables que nécessaires.

Au même moment, un discours radicalement opposé et radicalement nouveau se fait entendre. En effet, si la recherche de la vérité, avec sa promotion systématique de la morale qui permet de culpabiliser et de manipuler les consciences, résume presque toute l’histoire de la philosophie est-ce qu’elle ne montre pas la philosophie comme une escroquerie, un mensonge et une trahison de la vie fabriquant des âmes étriquées ?

Liée ou non à la justification de l’existence d’un Dieu pour se rassurer, ne cache-t-elle pas une peur, une frilosité maladive devant la vie, un manque de force, le symptôme d’une défaillance faibles et des mesquins.

Auquel cas, le fort serait celui qui ose regarder l’énigme de la vie les yeux dans les yeux, sans se raconter d’histoire. Vive les intensités de la créationartistique qui font se confronter aux vertiges de l’abîme.

Nous évoquerons ici trois monstres sacrés : Hegel, Marx et Nietzsche, qui sont de grands penseurs parce que, loin d’être « abstraits », ils sont au contraire de grands vivants.

Journée 7

Thème : S’il y a l’Histoire et le destin collectif des peuples, il y a aussi l’existence de chacun, en face de soi-même et en face des autres.

Or,  le fait d’exister colle à la peau. Est-il possible de s’évader ou de se désengluer du fait d’être ? Par l’autre ?

Idées clés

L’autre est-il nécessairement un obstacle à mon propre être de telle sorte que la haine, la violence et ultimement la guerre  soient au fond inévitables ? Que fait donc de l’autre une pensée centrée sur l’être ?

Une telle pensée « centrée sur l’être » est, en fait, une pensée du même, inapte à l’autre, qui assimile tout à soi et qui est fermée à l’altérité radicale qui est le propre de l’autre.

Justement, l’autre, parce qu’il est radicalement autre, surgit d’une extériorité infinie, de l’extérieur de l’être. L’autre soulève cette chappe de plomb étouffante de l’être et vient me déranger, m’arraisonner et me déloger de mon confort d’être.

Ce surgissement de l’autre l’expose dans une absolue fragilité tellement démunie, tellement sans défense, qu’elle est comme un ordre auquel il m’est impossible de me soustraire et qui me signifie ma responsabilité infinie à son égard. L’éthique est cette responsabilité « par nature » pour l’autre à laquelle il est impossible de se dérober.

Les deux philosophes que nous convierons seront Heidegger et Lévinas.Ils nous permettront de revenir en boucle sur notre point de départ puisque l’un est le philosophe du retour aux présocratiques par qui nousaurons commencé et l’autre celui d’un « au delà de l’être » dont parle Platon désignant par là les espaces où se situerait le Bien.

Conclusion

Conclusion n° 1

Ce que nous viserons pendant ces huit journées c’est à expérimenter le fait que faire vraiment de la philosophie c’est, en ne se payant pas de mots, tenter d’élaborer un discours dernier qui englobe l’ensemble de la vie pour lui conférer un sens. Discours qui permet aussi de se situer.Tout en constatant que cet effort est interminable. Nous ferons ainsi l’expérience que penser c’est essayer de re-créer le monde en s’en faisant un modèle qui n’est jamais  qu’une fiction plus ou moins fiable. Rien n’est jamais sûr, il n’y a pas de « sol ferme ».

Mais alors, s’il s’agit de fiction, comment s’en contenter, comment se décider pour telle option plutôt que pour telle autre ? Quel est le critère de sa valeur ? Est-ce que tout ne se vaut pas ?

Répondre à ces terribles questions ce sera, entre autres choses, prendre en compte que si une philosophie est un discours qui essaie de se tenir, tenir ce discours autorise à s’inscrire dans la vie sociale et politique comme un esprit qui se veut responsable de ce qu’il affirme, autrement dit qui en répond.

Quitte à le corriger.

Ce premier gain est déjà considérable puisqu’il montre que celui qui parle a une consistance. Il n’est pas – ou il n’est  plus – un de ces malheureux niais aliénés que le monde se plaît à promouvoir, et qui sont niais précisément de suivre un conformisme souvent moralisateur dont ils sont inaptes à répondre.

Ensuite, il y a aussi un autre gain. Une philosophie qui se tient, mais qui est suffisamment solide pour savoir qu’elle doit toujours se remettre en cause, est nécessairement universaliste et, telle quelle, prédispose à l’échange et à l’ouverture aux autres.

Elle n’est pas comme un fanatisme sourd et aveugle qui s’ impatiente d’en découdre avec les autres pour décharger son désir de les faire plier.

Une philosophie qui se tient est une main bienveillante et tendue qui cherche à renforcer la relation avec ceux vers qui elle se tend.

L’utilité prodigieuse de la philosophie c’est, finalement, d’épanouir la  société. Qui dit mieux ?

Voilà ce qu’il nous faudra éprouver.

Conclusion n° 2

Où en serons-nous de la guerre et de la paix ?

Nous aurons l’occasion d’observer que la guerre, prétendument détestée par les hommes, a joui malgré tout de tout temps d’un grand prestige. Tribus ou états entendent se démarquer non pas seulement des autres mais contre les autres en les combattant militairement. Elle apparait, en fait, pleinement normale et souvent avec estime ou respect pour l’ennemi. De surcroît, elle semble parfois économiquement nécessaire. Enfin, point essentiel, on a beaucoup dit que c’est dans la guerre que l’homme arrive à se dépasser, à se révéler à la hauteur de ce qu’il est vraiment, héros méprisant la mort et la défiant,vivant la vie au régime maximum de son intensité, autrement dit, de sa vérité.

Devant cette gloire, la paix semble tout simplement une sorte de retraite, guettée plus ou moins rapidement par l’ennui. L’homme prétend, donc,qu’il veut la paix mais est-ce qu’il la veut vraiment ? Est-ce qu’elle lui convient ? Est-il fait pour elle ?

La paix est-elle aussi tentante que la guerre ? Que la violence ? Que pourrait-être une intensité de la paix, infiniment plus forte que celle de la guerre et qui la déclasserait définitivement ? N’y a-t-il pas, enfouie, une peur de la paix ?

C’est sur ces questions et en essayant d’y répondre que s’arrêtera notre formation. C’est dire que nous n’avons pas de temps à perdre.

Déroulement de chaque matinée

1_Exposé d’une heure fait par moi

2_Questions-réponses et lecture de textes

3_Commentaire des textes et synthèse

Pré-requis

Ce stage est ouvert à toute personne désireuse de philosopher, quel que soit son cursus scolaire ou universitaire.Il n’y a pas de « petite philosophie » ou de philosophie pour « débutants ». Il y a de la philosophie ou il n’y en a  pas. Dès lors qu’il y en a, son sens est compréhensible par tout le monde – cf.Héraclite

Présentation de l’animateur de ce stage, c’est à dire de moi-même, Nicolas Chevallier

J’ai 56 ans, je suis marié et père de deux enfants. Je suis psychologue thérapeute et mon domaine est la relation entre les parents et les enfants. Je fais souvent aussi des conférences sur la pédagogie, c'est à dire sur la contamination des passions heureuses.

Mon outillage sur le fond est freudien.

Quelle est la raison pour laquelle je propose ces stages d’initiation à la philosophie ?

Ni philosophe professionnel mais ni non plus amateur,  l'idée m'est venue de partager mon amour et ma fréquentation assidue de la philosophie avec ceux et celles qui, devant le «spectacle » actuel de notre monde, ont envie de prendre du recul pour s'interroger sur ce que veut dire être un être humain et constituer une communauté humaine.

Enfin, choisir la Grèce comme « décor » ne demande, je pense, pas trop d’explications. C’est d’abord un admirable pays. Ensuite, il suffit d’avoir vu un Grec attablé devant un café frappé une cigarette à la main et regardant la mer pour le comprendre. La source est là, dans la lumière de l'être.

Modalités d’inscription à la formation

Si vous désirez vous inscrire, voulez avoir avoir l’obligeance, soit de me contacter par téléphone, soit de m’adresser un mail en me précisant les dates qui vous conviennent ?

Après que nous nous serons entendus sur les dates je vous adresserai un courrier de confirmation au retour duquel je vous demanderai de m’envoyer un chèque de 75 euros.

Dans l’attente du plaisir de vous lire et de vous rencontrer,

Nicolas-Eric Chevallier        02 99 73 18 37                    06 32 08 40 23

e-mail :     necconsultants@wanadoo.fr

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